Procès Verbal

19 août 2009
La signalisation libanaise est ouverte à l'interprétation.

La signalisation libanaise est ouverte à l'interprétation.

Mes cheveux se dressent sur ma tête, un énorme camion klaxonnant effleure à grande vitesse ma voiture arrêtée le long d’une étroite rue d’Achrafieh sans me laisser le temps de m’écarter. Bien sûr cet épisode n’est pas le premier du genre. Conduire au Liban c’est assister à une série de miracles. Le dépassement bilatéral simultané avec double queue de poisson synchronisée est une figure très appréciée des Beyrouthins. Au début, la simple perspective de devoir emprunter l’autostrade me terrorisait, et puis un jour j’ai compris que les voitures au Liban ont des dimensions légèrement inférieures à la normale et que ça passe toujours.

L’arrêt au feu rouge est une science dont je n’ai pas encore cerné tous les secrets. Il y a quelques années c’était simple, un feu rouge signifiait qu’il fallait accélérer et coller la voiture de devant pour empêcher le trafic perpendiculaire de s’engager. Aujourd’hui c’est plus compliqué, chaque feu demande une interprétation différente. Il y a ceux auxquels on s’arrête, ceux où l’on s’arrête mais à quelques mètres après le feu et ceux qu’il faut complètement ignorer sous peine de se faire réprimander par la police. Mon conseil aux conducteurs: débrouillez-vous pour ne jamais être celui devant qui le feu passe au rouge et faites comme les autres.

Certaines portions de routes libanaises sont zébrées de lignes blanches discontinues et parallèles. Quiconque à l’habitude de conduire dans un pays civilisé restera instinctivement entre les lignes. C’est facile, rassurant, évident, harmonieux, universel. Et pourtant, c’est comme si le conducteur libanais cherchait délibérément à vous priver de cette satisfaction en roulant sur la ligne blanche comme quelqu’un qui fait crisser ses ongles sur un tableau noir. Le plus vicieux c’est celui qui est devant vous, légèrement déporté sur sa gauche de manière à rendre le dépassement très périlleux. L’utilité de ses lignes dans la fluidité et la sécurité du trafic n’est-elle pas évidente ? Comment est-il possible de ne pas les respecter ?

Le bonheur de conduire au Liban est encore démultiplié à la tombée de la nuit. Les voitures qui roulent tous feux éteints ou avec un seul phare allumé (et qu’il ne faut surtout pas confondre avec des motos) sont de plus en plus rares. On le regrette presque quand on voit le nombre de conducteurs qui s’adonnent au “feux-de-route-dans-ta-geule”. Cette pratique très répandue consiste à allumer ses feux de route en permanence sans la moindre considération pour la voiture qu’on croise ou qu’on suit. Ceux qui ont des feux de brouillard doivent bien sûr les allumer aussi, ainsi que tout autre projecteur dont leur véhicule dispose comme ce charmant conducteur de Hummer que j’ai eu la chance de croiser. Mon conseil: ne jamais prendre la route de nuit sans ses lunettes de soleil et sa crème solaire.

Le danger est partout sur la route libanaise et il ne vient pas toujours des autres usagers. Ça peut être une tranchée dans la chaussée qui n’est pas annoncée. Ou au contraire un gros caillou (non éclairé) posé là pour signaler des travaux. D’autres fois, ce sont les piétons qui ont des comportements suicidaires quand ils essaient de traverser une autoroute en se jetant littéralement sous les voitures. Conduire au Liban est une épreuve épuisante qui demande une vigilance permanente et des nerfs d’acier. Est-ce pour pour se donner le courage nécessaire que les Libanais ingurgitent toujours quelques verres de whisky avant de prendre le volant ?

La police est le plus souvent apathique même devant les violations les plus évidentes du code de la route. J’ai quand même pu assister à des exercices de verbalisation à un feu rouge ou pour excès de vitesse. Ce sont des événements très ponctuels et localisés mais espérons qu’ils se généralisent. L’exemple des places de parking payants à Beyrouth a montré qu’avec un peu de coercition, même les Libanais peuvent se soumettre à la loi. En espérant qu’un jour, on puisse tenir le volant et être suffisamment décontracté pour admirer les magnifiques paysages en même temps.


Et Maintenant ?

5 mai 2009

Et Maintenant ?

C’est le titre d’un spectacle qui retrace les 7000 ans d’histoire du Liban et qui sera joué le 24 mai prochain au Palais de l’Unesco à Paris.

J’ai assisté à la présentation de l’événement lundi soir à la mairie du 15ème arrondissement. C’est la productrice, Kinda Elias, qui était au micro. Après un mauvais powerpoint qui défilait sur fond d’extraits sonores du spectacle, la metteur en scène, Françoise Parmentier, l’a rejointe pour évoquer de manière très émouvante l’histoire de cette initiative.

L’auteur est le père Jean Debruynne. Il a fait plusieurs voyages au Liban et a recueilli les témoignages de dizaines de Libanais de tous horizons et de tous âges pour écrire le texte qu’il achève en 2005. Le spectacle, qui met en scène plus de 400 rôles est monté en faisant appel aux habitants de Byblos sous la direction de Françoise Parmentier. Ce sont de amateurs bénévoles qui sont sur scène !

Fadi, un jeune Libanais qui vit en France, décide un jour de découvrir son pays d’origine. Son Grand-Père lui écrit alors une lettre pour lui transmettre tout ce qu’il sait de ce pays et des valeurs qu’il représente. La pièce est un appel à la paix qui selon moi aura du mal à éviter les clichés et les bons sentiments. Mais je suis mauvaise langue, je ne connais presque rien du contenu.

Le 8 juillet 2006, le Père Jean Debruynne meurt à Byblos après une semaine d’hospitalisation. Quelques jour plus tard, la guerre éclate, interrompant le projet pour longtemps.

Le spectacle est aujourd’hui ressuscité grâce à la persévérance des organisateurs et au soutien de nombreuses associations. Il n’a jamais été joué en entier. Seuls quelques extraits ont été donnés en France en hommage à l’auteur. Ce ne sont plus les habitants de Byblos qui incarnent les personnages mais des Français issus des associations partenaires.

Je pense que ce projet mérite d’être soutenu et je serai certainement présent à la représentation. Ce n’était pas clairement expliqué, mais j’ai appris ici que les bénéfices seront reversés à des associations qui ont une action humanitaire au Liban. C’est une raison supplémentaire d’y aller.

Françoise Parmentier a lancé un appel. Elle recherche des volontaires pour remplacer les quelques désistements qui ont eu lieu dans la troupe. Plutôt des jeunes hommes, mais tout le monde est bienvenu, puisque, dans la salle, un vieux monsieur s’est proposé. Si ça vous intéresse, vous pouvez écrire à cette adresse : acteurs@gubal7000.com Et surtout, laissez un commentaire pour me dire quel rôle vous jouez. Je serais très fier d’avoir un de mes lecteurs sur la scène. ;)

Site officiel du spectacle : www.gubal7000.com


Москва

26 avril 2009

Cathédrale Saint Basile

Moscou n’est pas une ville où l’on se promène. La ville n’a pas le charme qui mérite la flânerie, les distances sont très grandes et surtout la lada voiture règne en maître. Je n’avais jamais vu des routes à quatorze voies (7 dans chaque sens) à l’intérieur d’une ville. Les passages piétons sont rares, il faut plutôt chercher les passages souterrains et ne pas perdre de vue la direction dans laquelle on voulait aller, car bien sûr, dans les couloirs on n’a plus aucun point de repère. Et je n’ose pas vous parler de la météo, je ne sais même pas si c’est légal d’avoir des températures qui frôlent le 0° et de la neige en Avril ! Pour être honnête, c’était un temps exceptionnel pour la saison.

Les trois jours que j’y ai passés étaient bien sûr trop courts pour faire le tour d’une si grande ville, surtout quand on passe la plus grande partie de la journée en rendez-vous professionnels. A part mes déplacements, je n’ai pu visiter que la Place Rouge qui est bordée par le gigantesque ensemble architectural du Kremlin, l’Eglise St Basile, le musée historique et le magnifique bâtiment du Gum, un centre commercial luxueux, qui était ouvert un dimanche de Pâques jusqu’à 22h comme tous les jours de la semaine. On ne peut pas imaginer de plus grande ironie que cette immense galerie qui étale toutes les enseignes du luxe français et international sous ses longues arcades de verre juste en face de l’austère mausolée de Lénine. Lisez la suite de cette entrée »


Reflex and the City

21 octobre 2008

Dimanche matin à New York. Avant mon vol de retour, je suis sorti me balader autour de mon hôtel, appareil photo à la main. Je prends beaucoup de plaisir à chercher la bonne lumière, trouver le bon cadre, attendre le sujet. J’essaie de poser un œil neuf sur tout ce qui m’entoure. Je me concentre sur les formes, les matières, les couleurs… La ville devient une scène de théâtre, je ne suis plus que spectateur.

Une rue presque déserte, une belle lumière rasante sur le bâtiment, des bandes blanches graphiques comme il faut. Il ne restait plus qu’à attendre le passage du taxi.

La signalisation caractéristique qui rythme la course incessante des new-yorkais.

Une devanture folklorique. Je n’ai pas attendu longtemps le passage de la silhouette.
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Evitez Hotmail, utilisez plutôt Gmail

27 septembre 2008

gmail vs hotmail

Ca s’appelle peut-être Windows Live Hotmail maintenant, mais c’est toujours aussi médiocre. Ma principale critique envers le système d’email gratuit de Microsoft c’est l’impossibilité de paramétrer votre client d’email (Outlook, Thunderbird, Mail…) pour recevoir et écrire vos emails en dehors de votre navigateur internet. Gmail, et même Yahoo! Mail, vous fournissent les paramètres des serveurs POP (ou IMAP) et SMTP indispensables pour cela. En résumé avec Hotmail, vos emails ne vous appartiennent pas, ils sont sur les serveurs de Microsoft et jamais dans votre ordinateur.

Hotmail est aussi très connoté “ado”. Demandez à votre cousine de 13 ans quelle est son adresse email. Je vous parie un saucisson sec que c’est une adresse hotmail et qu’elle passe ses soirées à chatter sur MSN. Et puis, de quel droit Microsoft impose-t-il à tous vos destinataires une ligne de pub à la fin de vos messages ? Tous ça ne fait pas très sérieux.

Gmail en revanche est l’email de choix pour les professionnels et les geeks qui se respectent grâce à son système anti-spam inégalé, son interface sobre et rapide, et surtout, la possibilité d’attacher des labels, ou étiquettes. Ce système permet d’organiser ses emails beaucoup plus facilement qu’avec un système de dossiers et de sous-dossiers. Il est souvent très pratique d’appliquer plusieurs étiquettes à un même email, alors qu’il est impossible de le ranger dans plusieurs dossiers.

Une des grandes forces de Gmail c’est aussi la facilité avec laquelle on peut gérer différents adresses emails de manière centralisée. Il n’est pas rare aujourd’hui d’avoir plusieurs adresses emails, une adresse pour les amis, une professionnelle, une adresses poubelle… Quand vous passerez à Gmail, vous n’aurez qu’à paramétrer vos anciennes adresses pour continuer à les utiliser (envoi et réception) par l’intermédiaire de gmail. One email to rule them all. (Sauf votre compte hotmail. Vous vous souvenez ? Bill Gates ne vous permet pas de recevoir vos emails en dehors de hotmail.)

Pour les amoureux des raccourcis clavier, Gmail est un vrai paradis. ‘k’ et ‘j’ pour monter et descendre dans votre boîte de réception. ‘r’ pour répondre, ‘f’ pour transférer, ‘/’ pour lancer une recherche et trouver en une fraction de seconde un email enfoui au fond de vos archives,… Il suffit d’activer la navigation par le clavier dans les paramètres de Gmail pour profiter de tout ce luxe. Après cela, un simple ‘?’ vous affichera toutes les commandes disponibles.

Il y a de très nombreuses fonctionnalités qu’il serait trop long de décrire, mais je voudrais finir par celle qui mériterait le prix Nobel de l’email (il faudrait l’inventer rien que pour ça): le regroupement automatique des réponses et transferts en un seul email. Cela élimine purement et simplement le cauchemar que vous avez certainement déjà connu si vous avez essayé d’organiser une sortie à plusieurs par email. Des dizaines d’emails de 100 mètres de long, intitulés “RE: RE: RE: RE: RE: RE:…”, répartis dans votre boîte de réception, et qu’il faut aller pêcher un par un pour réussir à suivre le fil. Pour gmail tous ces emails échangés sont reconnus comme faisant partie d’une même conversation et seront regroupés en un seul email qui sera mis à jour au fur et à mesure des réponses. Il faut l’avoir essayé pour en comprendre tout l’intérêt.

Je vous laisse tester et apprécier cette merveille de technologie qu’est Gmail, en attendant un prochain post dans la série “Evitez…, utilisez plutôt…”.